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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 21:59
Mlle Vidéglane SOTON, BAC, série C 2016

Mlle Vidéglane SOTON, BAC, série C 2016

A l’issue des résultats de l’examen du Baccalauréat session de juin 2016, dans la vallée de l’Ouémé, une seule candidate a pu tirer son épingle du jeu dans la série C. Seule sur huit candidats admis sur un total de dix-sept candidats présentés au centre de composition de Dangbo. Pour vous faire découvrir cette jeune érudite, native de Dangbo, porte d’entrée de la vallée, votre journal  est allé dénicher Vidéglane Soton, puisque c’est d’elle qu’il s’agit. Dans l’entretien qu’elle a bien voulu nous accorder, la problématique de l’éducation des filles et leur participation à la construction de la société occupe une place de choix dans ses propos.  Lisez vous-mêmes !

 

Vidéglane Soton : Je suis une nouvelle bachelière.Je viens d’avoir 18 ans. Je suis admise cette année au baccalauréat série C au ceg1 de Dangbo. Et j’ai été la seule fille admise pour cette série à Dangbo. Nous étions huit candidats admis sur dix-sept présentés.

Les Echos de la Vallée : Vous avez été la seule fille admise à Dangbo, mais également la seule candidate heureuse pour le bac C pour le compte des quatre communes de la vallée de l’Ouémé. Il n’y a pas la série C dans les Aguégués  selon nos enquêtes, et au centre de composition d’Adjohoun où les candidats de Bonou ont composé, il y a eu deux admis au Bac C, dont zéro fille. Quel a été votre sentiment à votre réussite ?

J’étais contente à la nouvelle de mon admission au Bac C 2016, mais mon sentiment de joie a été un peu mélangé. Car nous étions trois filles dans ma classe et cela n’a pas souri à mes deux autres camarades. Nous, nous étions beaucoup dérangées, pourtant, cela m’a vraiment affecté.

Trois filles sur dix-sept candidats, cela montre que l’éducation des filles reste toujours un objectif  difficile à atteindre dans la vallée de l’Ouémé. N’est-ce pas?

Bon, pour les autres séries à savoir la D, la  A et autres, les filles ont donné un peu, mais ici comme c’est la série C, nous filles, généralement, nous pensons que c’est difficile.

Alors, le choix de la série C pour vous est parti d’où ?

Je ne crois pas que j’ai vraiment choisi de faire une série scientifique comme la C. Depuis le cours primaire je travaillais en Mathématique. Et quand je quittais la troisième pour la seconde, c’était au temps du Directeur Hinnoufo Gbihoungbi. Alors, l’établissement a décidé d’envoyer les dix premiers de chaque classe en seconde C. Je sais que j’avais une moyenne qui tournait autour de 16 en Mathématiques pour aller en seconde. Je ne me rappelle pas de mes moyennes dans les autres matières. Je me débrouillais dans presque toutes les matières. J’ai baissé les gardes en première surtout en Mathématiques, avant de comprendre plus tard que les Mathématiques ne sont pas en réalité difficiles.

Que dire alors de vos camarades filles comme garçons qui fuient les Mathématiques prétendant qu’elles sont difficiles ?

Tout part de la tête. Si vous vous mettez dans la tête que les Mathématiques sont difficiles, elles le deviennent. Mais si vous les aimez, elles cessent d’être difficiles. Aujourd’hui, je trouve même que les Mathématiques sont comme un jeu et sont plus faciles que les autres disciplines à l’école. C’est à cause des erreurs qu’on y fait que beaucoup d’élèves ont ce sentiment ; parce que si vous faites une erreur en haut cela vous conduit jusqu’en bas. De là les notes déçoivent beaucoup et quand l’élève prend de mauvaises notes dans une matière, il finit par détester cette dernière.

Alors, quel est votre secret pour briller dans les disciplines scientifiques ?

Secret, je ne crois pas en avoir un. Il n’y a de secret que d’apprendre les leçons notamment les propriétés par cœur. Il faut comprendre les cours et faire les exercices qui permettent d’approfondir  les connaissances. Il faut également faire des recherches et se dire que le professeur ne peut pas tout donner en classe. Il faut se rapprocher de ceux qui comprennent mieux pour vous aider à connaitre les cours et les notions essentielles.

En terminale, comment a été le parcours ?

Ah, j’ai été secouée. On devrait terminer les programmes dans toutes les matières et les professeurs filaient. Nous avons un groupe de travail de sorte que franchement il  n’y a eu de repos. J’ai eu 12 au Bac en Mathématiques et 09 en SPCT.

Que répondez-vous aux parents qui privilégient l’éducation du garçon à celle de la fille ?

L’enfant fille n’est pas différente du garçon.L’enfant est un don de Dieu et il n’y a rien que le garçon puisse faire qui puisse dépasser la fille. Il faut que les parents sachent que les filles peuvent faire ce que font ou peuvent faire les garçons, et même les dépasser parfois. Moi je suis une fille et sur les dix-sept candidats de ma classe, je me retrouve parmi les huit admis.

Maintenant, revenons à l’après baccalauréat. Que comptez-vous faire ?

J’aime les finances ou ce qui concerne l’économie. Je rêve de devenir une économiste.

Il parait que la vallée de l’Ouémé manque d’experts comptables. Vous tente-t-il d’aller dans ce domaine pour relever un défi ?

Ah oui. Je suis capable en matière de volonté d’étude pour devenir ce que vous appelez experte comptable. S’il y a des hommes experts comptables, les femmes aussi peuvent l’être. Tout est question de volonté et de moyens. Et ce n’est pas la volonté qui me fait défaut pour ce qui me concerne.

Alors quel appel à l’endroit de la communauté de la vallée de l’Ouémé pour conclure cet entretien ?

Je demanderais aux parents et aux cadres de la vallée d’encourager les enfants qui travaillent. C’est vrai que quand on travaille c’est pour soi, mais quand vous avez des ainés derrière qui vous poussent, vous soutiennent, cela donne envie d’aller plus loin qu’on ne saurait penser. Quand l’enfant qui fait des efforts est encouragé, il sait que ce qu’il fait est bon et il se dit intérieurement qu’il n’a pas le droit de baisser les bras, juste à cause de ce que diront les siens quand il ne va pas faire ce qu’on attend de lui.

Que dire à l’endroit des autorités communales de Dangbo puisque vous faites la fierté de cette localité au niveau de la vallée de l’Ouémé?

Si ces autorités me soutiennent à évoluer dans mes études cela va être pour moi une source importante à aller de l’avant. Au BEPC en 2013, j’ai été la deuxième meilleure fille au niveau départemental, et le ministère de l’enseignement secondaire m’a encouragée. Ce que cette récompense m’a fait pour la suite de mes études, c’est beaucoup. Parce que cela m’a poussé à travailler plus pour ne pas démériter. Alors pour finir, je voudrais demander aux autorités de la commune de Dangbo, au Maire Mathias KOUWANOU, mon chef d’Arrondissement Honoré Boko, aux autres élus et aussi aux responsables de Wémèxwé de m’aider à aller loin dans mes études. Pas moi seule, mais tous les élèves ou jeunes de la vallée qui brillent dans un domaine donné. Au BAC D et A, il y a eu des candidats qui méritent d’être encouragés aussi. C’est sûr que nous serons aussi appelés à aider des gens à notre tour. 

Mademoiselle Vidéglane Soton, merci.

C’est moi qui vous remercie d’avoir pensé à moi.

Propos recueillis  par René KPANOUKPE

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